France 21 septembre 2017

Une ONG a infiltré pendant quatre ans le «ring», qui compte une dizaine de centres de dressage de chiens de défense à des fins sportives. Son constat est alarmant.


L’association One Voice dénonce les violences… par leparisien

Des chiens frappés, fouettés à coups de chambrière, l’un d’entre eux est étranglé par une corde, tel un pendu. Les images, réalisées en caméra cachée par l’association de défense des animaux One Voice, font froid dans le dos. De 2014 à 2017, l’ONG a infiltré une dizaine de centres de dressage de chiens de défense à des fins sportives, explique «Le Parisien». Un milieu fermé, connu sous le nom de «ring».

Après quatre années d’enquête, One Voice est formel: il faut interdire cette «pseudo-discipline sportive», que l’ONG juge nuisible aux chiens et dangereuse pour les hommes. Muriel Arnal, présidente de l’ONG, estime que le «ring» fait subir aux animaux une «maltraitance intense et constante». «Pour quelques instants d’apparente fusion entre l’homme et le chien, on torture en fait les animaux et on les transforme ainsi en automates capables du pire. Les chiens sont maltraités pour devenir méchants», dénonce-t-elle. La présidente de One Voice reproche également au «ring» de dénaturer les bêtes avec des méthodes d’éducation violentes, visant à rendre les chiots agressifs.

«Forcés de foncer sur leur proie»

«Les chiennes enseignent l’inhibition de la morsure à leurs petits, c’est-à-dire à ne jamais attaquer sans sommation, c’est-à-dire sans grogner ou japper. Au contraire, dans le cas du «ring», les malinois ou les bergers allemands sont forcés de foncer sur leur proie et doivent mordre sans jamais lâcher», déplore Muriel Arnal. Selon elle, cette méthode peut s’avérer particulièrement dangereuse si elle est appliquée sur des chiens âgés de 2 à 10 mois: «Dans ce cas, le chien cassé psychologiquement considérera que refermer ses crocs sur tout ce qui bouge est la norme», tempête-t-elle.

Selon l’enquête de l’ONG, les chiens récalcitrants subissent souvent la loi des colliers électriques. «Nous avons même observé un beauceron équipé de deux colliers. Sans doute pour augmenter l’intensité des décharges», relève One Voice. Michel Valladon, qui oeuvre comme juge au «ring», tempère: «Tout dépend de la puissance. Il faut apprendre à ces chiens tout de même imposants quand ils font mal», explique-t-il. Quant aux accusations de maltraitance, l’homme les balaie d’un revers de la main: «Bien sûr, il existe des brutes épaisses comme dans tous les milieux, mais la meilleure preuve que ces chiens sont bien traités est qu’ils obéissent. Sinon ils se retourneraient contre leur maître.»

L’argument est loin de convaincre l’ONG, consternée: «On crée des machines à tuer à des fins de loisirs. C’est une aberration», souligne Muriel Arnal. La présidente de One Voice estime que les chiens dressés dans ces conditions relèvent du risque agressif de niveau 4. Selon la loi française, la seule solution dans leur cas serait donc l’euthanasie.

(joc)

Des chiens «maltraités pour devenir méchants»
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