Grâce au coup de pouce d’un couple de Gruériens, SOS chiens polaires a pu racheter le refuge de Payerne (VD) à son propriétaire.
Par Laura Juliano le 30.04.2016

«Alaska», «Ungava», «Ruby», «Hinnoi», aujourd’hui vifs et guillerets, portent encore les marques des violences infligées par leurs anciens maîtres. Certains, roués de coups, ont retrouvé la forme, au prix d’une longue série de soins (interventions chirurgicales, soins dans l’eau, acupuncture) et se déplacent désormais à l’aide de charrettes. Depuis plus de dix ans, Carine Mettraux, éducatrice, leur voue un amour inconditionnel en les recueillant dans le plus grand refuge de chiens polaires en Suisse, situé à Payerne (VD).

Mais l’équilibre retrouvé a failli basculer, lorsque le propriétaire a annoncé sa décision de vendre la ferme l’an dernier. Un coup de massue pour l’éducatrice qui n’avait pas les moyens de payer 600 000 fr. pour préserver le refuge où vivent 45 huskies, groenlandais, malamutes d’Alaska, bergers norvégiens ou malinois, de 2 à 16 ans. «Je n’avais pas de plan B. Le 31 mars, on aurait dû être à la rue, explique-t-elle. Et les chiens sont trop âgés et handicapés pour pouvoir vivre dans une remorque et changer de lieu en permanence.»

Les nuages se dissipent quand un mystérieux couple de Gruériens, témoin de sa détresse relayée dans les médias, décide de lui prêter main-forte. Grâce à un prêt sur 50 ans, sans intérêts, Carine Mettraux a pu racheter les 2000 m2 de terrain, alors que tout espoir semblait perdu. «C’est un conte de fées, s’exclame-t-elle. On n’imaginait même pas que c’était possible.» Désormais, les 45 chiens peuvent vivre tranquilles.

Sensibiliser les gens

L’association célèbre aujourd’hui et demain l’inauguration de ses murs, en ouvrant le domaine au public. L’occasion de découvrir un nouveau sentier didactique pour aller à la rencontre du husky et de ses particularités. «Notre objectif est de sensibiliser les gens aux responsabilités et possibles désagréments qu’implique l’adoption d’un husky, précise la présidente. Beaucoup de gens en prennent parce qu’ils sont beaux, puis les abandonnent en constatant qu’ils sont bruyants ou agités. Nous voulons les en dissuader.»

Fondée en 2009 sous l’impulsion de Carine Mettraux, l’association compte aujourd’hui trois bénévoles à plein-temps. «Avant, j’achetais des bébés chiens, je ne les récupérais pas, confie-t-elle. Jusqu’au jour où je suis tombée sur «Cheyenne», husky de 8 ans qui a vécu un an chez des toxicos qui l’ont rouée de coups, puis chez une femme qui ne l’a pas laissée sortir durant 7 ans. Je l’ai récupérée et ça a été le début d’une longue série.» Après avoir vécu neuf mois dans une caravane avec ses huit chiens, elle a enfin trouvé une stabilité en 2006, en s’installant à la ferme, près de la bretelle autoroutière de l’A1 à Payerne.

Depuis, l’association organise tout au long de l’année des activités, telles que des balades en traîneau, des initiations au «husky d’fond» ou du canicross.

Plus d’informations sur www.soschienspolaires.ch

(Le Matin)

 

Happy End pour ses huskies
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