Genève 22 mai 2016

par David Ramseyer – Le maître d’un berger allemand dénonce les méthodes de l’Etat, qui séquestre son animal. Le Canton affirme agir dans l’intérêt du canidé.

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Djoya, une femelle berger allemand âgée de deux ans, et l’enclos que lui a aménagé son maître sur son lieu de travail. (photo: DR)

«On refuse de me dire où est mon chien, je ne sais pas quand je le reverrai.» Depuis mercredi, John* est sans nouvelle de son berger allemand embarqué par le SCAV, le Service cantonal des affaires vétérinaires.

Habitué à le prendre avec lui dans l’entreprise où il est cadre, le maître de «Djoya» venait d’y construire un enclos extérieur qui comprend notamment une niche. Il y a une semaine, il l’a exceptionnellement laissé là le weekend, pour des raisons personnelles précise-t-il. Suite à des plaintes de voisins dérangés par les aboiements, le SCAV a débarqué mercredi dernier, soupçonnant de la maltraitance. «Les deux inspecteurs ne se sont pas annoncés, j’ai refusé de leur donner mon chien et me suis barricadé avec lui dans mon bureau. Plusieurs policiers sont ensuite arrivés. On aurait dit une opération commando!»

Animal bien traité ou pas?

De la maltraitance? John affirme que l’enclos de 20m2, selon lui, est suffisamment grand. Et puis «au travail, je promène mon chien deux fois par jour, et le soir je le ramène dans ma maison avec jardin», assure-t-il.

«Au vu de la situation constatée, le séquestre préventif ne faisait aucun doute pour garantir l’intérêt de l’animal», déclare de son côté le porte-parole du Département genevois de la santé, dont dépend le SCAV. Laurent Paoliello n’en dira pas plus, une procédure étant en cours.

Situation a priori apaisée

Alors que plusieurs professionnels du monde canin à Genève, qui ont souhaité rester anonymes, critiquent les méthodes du SCAV jugées parfois abusives, une première audience a eu lieu vendredi avec ce service. Elle s’est bien passée, affirme l’avocat de John. Si Me Timothée Bauer estime que «le chien acheté, enregistré et domicilié avec son maître en France, n’est pas soumis à la Loi suisse sur la protection des animaux», il juge que les choses semblent s’être aplanies.

Pour l’heure, John* n’a pu voir son chien comme le stipule les procédures habituelles. Une décision ultérieure est attendue pour éventuellement rendre Djoya à son maître, mais en tous cas pas avant le mois de juin. Me Timothée Bauer se veut positif: «J’espère que mon client ne sera pas sanctionné.»

*Prénom d’emprunt

La loi profite d’abord au chien
Si des éléments donnent à penser qu’il y a maltraitance, ou si un constat est impossible lorsque le dialogue avec un maître est rompu notamment, le chien est placé sous séquestre préventif. Les inspecteurs du SCAV n’annoncent pas leur visite, afin de préserver l’effet de surprise et ainsi empêcher un propriétaire présumé en tort de nettoyer un lieu impropre, par exemple.
«On vient d’abord pour discuter avec le maître. Mais l’intérêt de l’animal prime sur celui du propriétaire», note le Département genevois de la santé. La Loi sur la protection des animaux (art. 24 et suivants) exige notamment qu’un chien ait à manger, à boire et que son enclos soit propre. Si ces critère sont vérifiés, il est rendu à son maître. Dans le cas contraire, les mesures vont du simple contrôle à l’euthanasie, lorsque l’animal est jugé trop dangereux.

 

Pour ou contre des sanctions plus lourdes pour les personnes qui abandonnent leur animal ?

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«Opération commando» pour lui enlever son chien
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