Genève 28 mai 2018

par Lucie Fehlbaum – L’intransigeance de certains établissements face aux malvoyants irrite un avocat. Il espère que les comportements évolueront.

En Suisse, la police ne peut pas forcer un établissement privé à accueillir un chien-guide.
(Photo: Keystone)

«Celle qui s’est présentée comme la responsable de la salle a hurlé que les chiens étaient interdits. Elle n’a rien voulu savoir, alors j’ai appelé la police.» En février, une Genevoise malvoyante qui voulait se rendre au cinéma s’est ainsi vu refuser l’entrée. Malgré son appel au 117, elle n’a pas assisté à la séance. En Suisse, les agents ne peuvent en effet pas forcer un établissement privé à accueillir un chien d’aveugle.

Pour Cyril Mizrahi, député socialiste et avocat au sein d’Inclusion Handicap, ce nouveau cas pourrait faire évoluer la jurisprudence. «C’est la troisième personne connue d’Inclusion Handicap qui se plaint de discrimination de la part d’un établissement privé depuis 2016. Le but est de faire changer les comportements.» Trois cas auxquels il faut ajouter celui d’une malvoyante refoulée d’un hôtel.

Pour l’heure, seules deux voies existent pour se défendre dans ce genre de situation. La personne lésée peut recevoir une indemnité à la suite d’un procès civil, pour violation de la loi sur l’égalité pour les personnes handicapées. L’établissement peut aussi être dénoncé au Service du commerce. «Pour être légal, le refus doit être justifié d’une manière impérieuse. On a par exemple le droit de refuser à un aveugle d’être pilote d’avion», illustre l’avocat.

La loi pourrait bouger face aux chiens-guides refusés
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