Genève 02.02.2017

Depuis des semaines, la justice genevoise planche sur un trafic international de chiens de race importés de Roumanie. Un homme a été interpellé samedi.

Bichons maltais. Le prévenu est suspecté d’avoir importé des chiots de cette race achetés à bas prix en Roumanie et revendus quelque 1200 fr. le chien.
Image: STEVEN YANG/GETTY IMAGES

La justice genevoise se penche depuis plusieurs semaines sur un trafic international de chiens de race importés de Roumanie. Selon nos informations, un suspect a été arrêté samedi par les forces de l’ordre. D’après les premiers éléments de l’enquête, l’homme est soupçonné d’avoir écoulé en quelques semaines une trentaine de chiots de race, notamment des bichons maltais et des yorkshires-terriers. Les animaux, vendus depuis novembre à plus de 1200 fr. l’unité, étaient achetés à bas prix en Roumanie (ndlr: en Suisse, ils sont vendus normalement entre 2000 et 2500 fr. chacun).

Lors de son arrestation, le prévenu, défendu par Me Aude Longet-Cornuz, se trouvait sur un parking à Plan-les-Ouates, probablement un lieu d’échange clandestin. Peu après, dans une chambre d’hôtel des Pâquis, les inspecteurs ont retrouvé cinq chiots dans la salle de bains et un autre dans sa voiture. Lundi, les juges du Tribunal des mesures de contrainte (TMC) ont ordonné la détention provisoire de l’homme pour une durée de deux mois.

1300 francs le yorkshire minnie toy

Ce dernier aurait une astuce bien rodée: se présenter comme le respectable propriétaire local d’une chienne qui a récemment mis bas. Il est suspecté d’avoir amadoué ainsi le chaland pour écouler des dizaines d’animaux qui n’étaient pas vaccinés, sans puce électronique et illégalement importés. «Il a même utilisé des alias et a rempli de la documentation chez des vétérinaires en se faisant passer pour un proche de la famille de son client», relève une source. Il a aussi passé des annonces sur Internet pour écouler sa «marchandise». Exemple: «Un yorkshire minnie toy. Exemplaire compact. 590 grammes. 1300 fr. Vermifugé. Vacciné. Et porteur d’un chip (puce).» Il se retrouve poursuivi pour escroquerie, faux dans les titres et violation de la Loi sur les animaux. Au procureur Frédéric Scheidegger d’évaluer l’ampleur du trafic et de trouver d’autres protagonistes de ce commerce.

Porte-parole du pouvoir judiciaire, Vincent Derouand confirme que «la mise en détention provisoire du prévenu a été ordonnée vu la gravité des charges pesant contre lui, ses aveux, les besoins de l’enquête ainsi qu’un risque de fuite important, de collusion (tous les lésés n’ayant pas encore été identifiés) et de réitération de nouveaux actes semblables.»

Vente dans les parcs genevois

Le prévenu, un chômeur né en 1990, n’en serait pas à son premier forfait. Cet ancien chauffeur de poids lourd a écopé l’an dernier d’une ordonnance pénale le condamnant à une peine pécuniaire de six mois avec sursis pour des faits remontant à 2015. Il écumait à l’époque les parcs genevois, des Cropettes aux Eaux-Vives, avec une compatriote roumaine et d’adorables petits chiens. Ce duo attendrissait ainsi les passants, qui se transformaient comme par enchantement en clients. Certains ont craqué et ont acheté en douce des animaux sur-le-champ après un détour au bancomat.

Mais voilà, des acheteurs, qui ont déboursé environ un millier de francs en croyant faire une affaire, se sont plaints par la suite de l’état de santé déplorable des animaux; certains n’ont d’ailleurs pas survécu suite aux conditions de voyage, au manque de soins adéquats ou au sevrage trop rapide. A l’époque, le prévenu aurait produit des faux certificats faisant croire que les chiens étaient nés en Suisse. En raison des efforts effectués pour rembourser sa clientèle, il a bénéficié d’une sanction réduite.

(24 heures)

 

Arrêté pour trafic de chiots
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